l'├ędito

Le premier enjeu aujourd’hui c’est la confiance

Nos sociétés vivent une transformation inédite à plusieurs titres. Elle est mondiale, fruit d’évolutions qui visaient le progrès pour tous mais place l’Homme devant des choix qui peuvent conditionner sa propre survie. Malgré une addiction pour la mesure - on peut dire que rien n’échappe au monitoring - la défiance dans les actes politiques, économiques, sociétaux a atteint son paroxysme, du moins on l’espère. Pourtant, le big data ou autre intelligence artificielle devraient nous permettre d’anticiper, de créer des modèles prospectifs fiables, d’accéder à des débats sereins et des choix éclairés, compris, voire admis.

Mais le bât blesse par manque de comparabilité, de sécurisation, de transparence. La fiabilité des modèles et des interprétations est mise en doute. Un travail important reste à faire quant à la mise en cohérence des données d’entrée, leur traitement puis les conditions de la restitution de ce qu’elles disent. Je vais jusqu’à dire que cela constitue une priorité absolue aujourd’hui, la clé pour contrer une cacophonie dangereuse.

Qu’il s’agisse du climat et des scénarios énergétiques, de l’évolution du système de santé à l’échelle individuelle comme nationale ou mondiale, des grandes transformations économiques et de l’accès aux ressources..., les décideurs ont besoin de prévoir juste et de (ré)acquérir la confiance. Cette boucle de confiance implique tous les niveaux d’action, l’usager, les industriels et pourvoyeurs de services, les investisseurs, les enseignants et les chercheurs, les politiques, … sans confiance rien ne fonctionne.

Pourtant, il y a quelques belles histoires. A titre d’exemple, les échanges de données sur la qualité des produits alimentaires transforment le positionnement des industriels du secteur qui revisitent la composition de leurs produits. La force du nombre est indéniable, sa maîtrise un atout majeur mais le ciment indispensable c’est la confiance.

Les rapports, récemment parus, rédigés par les trois groupes de travail dédiés à la préparation de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche donnent confiance dans notre capacité à parfaitement analyser la situation complexe du paysage français de la recherche. Les attentes sont fortes, chacun veut croire en une loi porteuse d’avancées. L’exercice va être difficile et le premier enjeu sera la confiance à accorder aux annonces et à la capacité des décideurs à transformer le système français de recherche et d’innovation.