l'édito

LPPR et France Relance, deux leviers historiques à manier vite et bien !

La France met le paquet pour la recherche et la relance industrielle. La conjugaison de la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche – LPPR, décidée en février 2019 et débattue au Parlement ce mois-ci, avec le plan de relance dû à la pandémie est un hasard qui pourrait s’avérer heureux si on s’y prend bien. Mais le diable se niche dans les détails.

La LPPR donne des moyens au monde académique sans retenir d’orientation thématique, préférant conserver la liberté de recherche donnée aux chercheurs pour les TRL très bas tout en dotant plus largement l’Agence nationale de la recherche et les dispositifs de recherche partenariale qui pourront orienter leur programmation.

France Relance donne le ton sur le plan des axes stratégiques mettant l’écologie au premier plan, aux côtés de la compétitivité et de la cohésion. Avec plus de 4 milliards d’euros dédiés à la recherche et près de 9 milliards si on intègre le développement des marchés clés et stratégiques, la R&I pèse plus que les 3 % jamais atteints quant au PIB, c’est un bon signe.

Des questions cependant. Quid de l’opérationnalité ? Les membres de la communauté de recherche publique comme privée s’interrogent sur le tempo de la déclinaison de toutes ces mesures. Les entreprises ont besoin d’aide maintenant, de guidance aussi. On ne méconnaît pas l’inertie des processus et le besoin de stratégie opérationnelle. Les appels à projets doivent sortir vite avec une ambition de cohérence, d’adhésion et d’efficience. La réussite de la relance sera à l’aune de la dynamique de sa mise en œuvre. Paradoxalement c’est moins le manque d’argent que d’orchestration qui constitue un risque. L’Europe qui finance à hauteur de 40 % du plan de relance a déjà alerté sur la nécessité de faire vite et sur le conditionnement de son engagement dans le temps à la bonne exécution du plan.

Nous avions milité pour la préservation des collaborations entre acteurs de recherche publics et privés qui pouvaient être mises à mal avec la récession des chiffres d’affaires. Le gouvernement a ciblé la préservation des emplois de R&D en accordant des soutiens financiers de haut niveau (de 50 à 80 %) pour des mises à disposition du privé vers le public ou des thèses de doctorat sous modalité partenariale. Le projet de loi de finance annonce 128 milliards en crédit de paiement en 2021 pour ces mesures. Le mode opératoire est donc à décliner sans tarder, l’ANRT est prête à y contribuer.

 

Clarisse Angelier
Directrice de la publication
Déléguée générale de l’ANRT