L'édito

Excellence ET cohésion

Le programme-cadre de recherche et d’innovation (PCRI) est le fruit d’une longue histoire. Dans les années 70, les programmes de recherche étaient adoptés par le Conseil européen selon les opportunités de coopération. Au début des années 80, la Commission européenne proposa le premier programme-cadre de recherche pour une gestion plus cohérente des programmes entre eux. En 1992, avec le traité de Maastricht, le programme-cadre devint un instrument financier pour les activités de recherche, intégrant les défis sociétaux et s’ouvrant à l’innovation. Le Conseil de mars 2000 marqua une double évolution conceptuelle. Le programme-cadre se transforma en un outil au service de l’économie européenne et contribua à la création de l’Espace européen de la recherche.

Les principes de compétitivité et de collaboration constituent le cœur du programme-cadre. Ils induisent la nécessité de trouver l’équilibre entre excellence et cohésion. Dans une économie mondialisée, pour défendre un modèle d’économie sociale de marché, l’exigence de la compétitivité est incontournable. Elle requiert l’excellence et nécessite suffisamment de souplesse dans les dispositifs pour accompagner les innovateurs… C’est notamment l’ambition du Conseil européen de l’innovation (EIC) dont la phase pilote a été lancée en octobre dernier.

Avec un budget actuel trop limité pour réaliser ses ambitions, l’EIC trouvera-t-il sa place pour se développer ? En particulier à côté du plan Juncker dont le Parlement européen a accepté de doubler la durée et la capacité d’intervention, le 12 décembre dernier.

L’excellence doit rester un des principes du programme, comme l’a rappelé la position préliminaire de la France sur le 9e PCRI. Pour les treize États membres ayant rejoint l’Union européenne depuis 2004, il faudrait plus de cohésion. Ce message a été entendu et une première réponse fournie dès octobre 2017 : toutes les propositions jugées excellentes, soumises dans le cadre des actions Marie Skłodowska-Curie, seront désormais automatiquement repêchées.

Mais les financements ne font pas tout. Pour obtenir de la cohésion, il est nécessaire de produire du sens. C’est bien ce sujet qui sera au cœur des enjeux de la construction du prochain programme-cadre. Les acteurs étant invités à « parler aux citoyens », et les « missions » à réveiller leur imaginaire.

Traduire opérationnellement la vision politique d’une « Europe intelligente, durable et inclusive » au-delà de 2020, tel est le défi auquel l’ANRT et ses membres entendent activement contribuer. Avec cette nouvelle année, souhaitons-nous les meilleurs vœux de succès !

Valérie Zwilling
Cheffe du service Europe, innovation et compétitivité
Rédactrice en chef